Le frelon oriental gagne du terrain dans le nord du Maroc. Le Syndicat national des professionnels de l’apiculture affirme recevoir presque quotidiennement des signalements faisant état d’une présence croissante de l’insecte dans plusieurs zones, avec une multiplication des nids à proximité des ruchers.
La dernière alerte remonte au 29 septembre. Le président de l’Union des coopératives des apiculteurs de Tétouan a alors signalé une forte hausse du nombre de nids et une extension de leur présence. Une évolution qui nourrit les inquiétudes des professionnels, notamment face au risque de dégâts sur les ruchers et à la difficulté croissante de contenir l’insecte s’il continue à progresser.
Des signalements depuis 2023
Les premières observations remontent à octobre 2023. Un apiculteur membre du syndicat avait alors repéré le frelon oriental près de son rucher à Oued El Marsa, dans la province de Fahs-Anjra.
Un an plus tard, en septembre 2024, de nouveaux signalements avaient été enregistrés. Des spécimens vivants avaient notamment été envoyés au siège du syndicat à Meknès par un apiculteur de Tanger. Celui-ci faisait également état de deux petits nids détruits et de la présence de frelons dans les secteurs de Dalia et en direction de Ksar Sghir.
Face à ces premiers signaux, le syndicat avait saisi le ministère de l’Agriculture dès octobre 2024. L’ONSSA ainsi que la direction régionale de l’Agriculture de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma avaient également été alertées.
Un plan national réclamé
Aujourd’hui, l’organisation demande une intervention directe dans les zones concernées afin de localiser et détruire les nids. Elle réclame surtout la mise en place d’un plan national d’urgence associant les services du ministère de l’Agriculture, l’ONSSA, l’Office national du conseil agricole, l’Agence nationale des eaux et forêts et les autorités locales.
Le syndicat souhaite également instaurer un dispositif permanent de surveillance et de signalement, avec la participation des apiculteurs. Il appelle à fournir des moyens adaptés pour détruire les nids, à renforcer les campagnes de sensibilisation et à assurer un suivi scientifique de l’impact du frelon oriental sur l’apiculture et la biodiversité.
L’inquiétude porte désormais sur une éventuelle extension au-delà des zones déjà signalées. Tanger, Tétouan et les environs de Larache figurent parmi les secteurs cités. Les professionnels redoutent surtout que l’insecte ne gagne progressivement d’autres régions du Royaume si aucune mesure de prévention n’est engagée rapidement.


